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Corporéité et nouveaux cinémas – recherche
03 10 2011

futurEMA

Objet

« C’est l’histoire d’une école d’Art qui déménage et qui profite de ce changement de lieu pour s’interroger sur ce qu’est la transmission et la formation à l’Art au 21ème siècle ».

  • Qu’est-ce que transmettre ?
  • Comment transmettre l’art et dans quel lieu ?
  • Comment créer le désir d’apprendre ?

La réflexion entre les enseignants et les étudiants de l’EMA sur le désir d’une future « école idéale » servira d’atelier pratique autour de ces grandes notions.

Objectif

« que la nouvelle école devienne la concrétisation d’une utopie partagée. »

Pour donner corps à cette problématique qui traversera tous les cours, les enseignants de l’atelier Corporéité proposent la création d’un webdocumentaire

La réflexion de fond sur sa finalité et son enrichissement sera l’objet d’une pensée collective mais sa fabrication sera pilotée par Armèle Portelli, Jacques Vannet et Pascal Mieszala.
Ce webdocumentaire doit témoigner à la fois d’une aventure humaine, artistique, intellectuelle et technique. L’ensemble des réflexions et problématiques soulevées pourront tout à fait s’inscrire dans la réflexion plus générale concernant la transmission des savoirs dans nos sociétés actuelles ainsi que du « vivre ensemble ».

Pourquoi un webdocumentaire ?

Le principe du wedocumentaire est une écriture documentaire liée au web. Donc non linéaire. Avec la liberté de circulation qu’offre ce média, il est possible de mener de front différents aspects d’une problématique. L’internaute choisira librement quel aspect de la thématique l’intéresse particulièrement. Il est composé de vidéos, de sons, d’images fixes et de textes.

Intérêt pour les étudiants :

  • Investir dans une réflexion commune avec les enseignants
  • Retranscrire et mettre en forme des connaissances acquises
  • Travailler en groupe sur le long terme avec responsabilisation sur certaines tâches
  • Travailler sur un projet avec un potentiel de diffusion
  • Obligation de fournir un résultat « diffusable » (exigences techniques, narratives, etc…)
  • Se former à une écriture et à une technique spécifiques

Différents chapitres

Cette réflexion globale peut donner lieu à plusieurs champs de réflexions (« chapitres ») spécifiques mais terriblement complémentaires. Voici les premières propositions :

Réflexions sur les tentatives passées (Manuela de Barros)

  • Synthèse et réflexion sur les principales initiatives existantes dans le domaine de la transmission de l’art au niveau mondial (les écueils, les succès…).
  • Les grands courants de pensée en la matière, l’Académie des Beaux-Arts, le Vhutemas, le Bauhaus, le Black Mountain College, etc.

Réflexions sur l’architecture de « l’école idéale » (Christian Delécluse)

  • Qu’est-ce que les étudiants attendent d’une école ?
  • Que viennent-ils y chercher ?
  • Que viennent-ils y faire ?
  • Quelle peut-être la porosité de ce lieu avec la ville et d’autres espaces (virtuels ou physiques) ?
  • Comment penser un espace de travail, d’étude ?
  • Questionner le schéma classique de la salle de classe
  • Rôle de l’architecture dans les postures mentales
  • Mise en pratique du fruit des réflexions enseignants/étudiants dans le nouveau lieu

Problématique de la posture du corps dans le nouvel espace (Armando Menicacci)

  • Le geste et la pensée.
  • Travailler la posture de l’étudiant et de l’enseignant, les circulations, déambulations, présences et absences au sein des locaux, mais aussi en dehors (avec ou sans interaction et médias).
  • L’école comme projet d’installation.
  • L’école comme lieu de « récréation ».

Réflexions sur la représentation (Jean-Pierre Nouet)

  • L’école comme lieu de représentation, comme théâtre.
  • La mise en scène de la transmission du savoir
  • La pitrerie comme méthode…

L’architecture [de l'école] doit être fondée sur ce qui provoque les relations les plus vivantes entre les gens, et cela n’est il pas mieux obtenu par l’asymétrie ou le désordre ? Si c’est le cas quel sera le principe de ce désordre ?
Peter Brook

Réflexions sur les modalités d’apprentissage de la technique (Armèle Portelli)

  • Nouvelles modalités (self-teaching, présentiel/distanciel, Google+, etc.)
  • Que transmettre et comment transmettre ?
  • La « place » de l’enseignant et de l’étudiant dans la transmission

Il semble qu’un seul parle ici ; erreur vous parlez aussi. J’agis et vous réagissez, j’enseigne et vous m’enseignez.
Jules Michelet, Cours au Collège de France, Gallimard, 1995

Réflexions sur les réflexions sur l’apprentissage (Jacques Vannet)

  • Différences entre l’apprentissage de type conservatoire et école d’art (+/-)
  • Le cours particulier
  • L’école comme instrument, comme esthétique
  • La pédagogie comme fantasme
  • Le cours comme performance
  • L’école sans objet
  • Modélisation de l’école comme univers

Bien sûr d’autres chapitres viendront enrichir ces premières pistes…

Méthodologie

La création de ce webdocumentaire aura une dimension transversale car il concernera l’ensemble des ateliers de l’EMA (enseignants et étudiants). Ce projet est motivé par l’installation de l’école dans un nouveau lieu (participation au Cahier des charges architectural avec Christian Delécluse)

Ce projet concernera en priorité tous les étudiants de l’atelier Corporéité. Des étudiants des autres ateliers pourront s’y adjoindre sous la forme du volontariat car il s’agira pour eux d’un engagement sur le long terme.

Références

16 12 2010

Nouveaux cinémas

« Le cinéma en tant que rêve, le cinéma en tant que musique. Aucun art ne traverse, comme le cinéma, directement notre conscience diurne pour toucher à nos sentiments, au fond de la chambre
crépusculaire de notre âme.
»

Ingmar Bergman
Laterna Magica (2001)

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Téléchargement de films, DVD, V.O.D., enregistrement, télécommande, smartphones, web etc., notre relation avec le cinéma a profondément changé au cours des dernières années. D’un statut passif de simple spectateur, nous avons acquis la possibilité de choisir, de zapper, de mettre sur pause, d’enregistrer, de graver, d’uploader etc. Il paraît désormais évident que les films du futur devront intégrer de nouvelles dimensions, dont l’interactivité, donnant aux réalisateurs des contraintes supplémentaires. Mais l’histoire a montré de nombreuses fois que de la contrainte naît la créativité…

Et comme l’a dit Michel CHION « Le cinéma n’a pas été inventé le jour où l’on a inventé la caméra, mais le jour où on a inventé la salle de cinéma… », donc, une de nos préoccupations majeures devra être d’observer, d’analyser et de comprendre les nouvelles relations au cinéma et aux images, en vigueur dans la société d’aujourd’hui.

Au cours de cet atelier, nous aborderons l’histoire du cinéma et de ses techniques, les nouvelles écritures cinématographiques basées sur l’indétermination et le hasard, l’interactivité, la non linéarité et toutes les formes originales de narration, en allant voir du côté des séries télévisées aussi bien que des romans-feuilletons du XIXème siècle.

Quelques axes de recherche :

  • La salle de cinéma
  • La narration non-linéaire dans le scénario
  • Le cinéma expérimental
  • Le cinéma documentaire
  • Art vidéo / cinéma
  • Le web documentaire
  • Le cinéma interactif
  • Le « live cinema »
  • Le cinéma intermédia
  • Le cinéma haptique
  • Etc…

L’atelier ne privilégiant aucun médium particulier, les étudiants doivent tisser eux-mêmes, à partir des éléments qu’ils développent en fonction de leur projet personnel, le fil qui les guidera vers un rendu semestriel de n’importe quel type : exposition, publication, représentation, concert, performance, conférence, film d’animation, court-métrage, site web, installation, etc.

L’intérêt de cet atelier est de faire un état des lieux des nouvelles pratiques et de porter la réflexion sur les nouveaux rapports film-spectateur que cela engendre (changement de l’attitude mentale du spectateur et du lieu d’exposition des films), mais aussi sur le rapport des réalisateurs avec leur oeuvre et avec le cinéma au sens large (dispositif provoquant la disparition du concept d’auteur, détournement d’images du patrimoine via le found-footage, etc…).

La narration du « cinéma dominant » reste basée sur les règles de la dramaturgie d’Aristote. Est-ce que l’homo-interactus aura soif de nouvelles formes d’histoires ?

Image de l’image – recherche
04 04 2011

Idi

Catherine Vageon (professeur de dessin)
Sonia Cheval floriant (sémiologue)
Laurent Montarron (artiste plasticien)
Evariste Richer (artiste plasticien)
Bruno Voidey (infographiste)

L’atelier IdI propose d’aborder la question de l’image, de la représentation par l’image.

Fabriquer une image est à la portée de tous depuis l’invention photographique et sa déclinaison numérique (portable, smartphone, iphone, appareil de prise de vue numérique plus classique, etc.).

Mais fabriquer des images d’art est une autre histoire.

Il ne suffit pas, il n’a jamais suffi de savoir faire de belles photos ; de savoir mettre en page des images ; de savoir raconter des histoires avec/autour des images ; bref d’avoir de la technique et de disposer des outils, appareils en tout genre pour prétendre s’inscrire dans le champ de l’art.

Pour que le bricolage technique/technologique, formel, conceptuel fonctionne comme art, il doit s’accompagner de préoccupations esthétiques, sémiologiques, etc. et bien plus. Il doit offrir un questionnement sur le monde (entendu qui touche à l’universel) même si la proposition est singulière et personnelle. Il doit interroger le regard, convoquer le sensible et l’intelligible.

Sur ces problématiques essentielles dans une école d’art, l’atelier se compose de deux plasticiens, d’un infographiste, d’une férue de dessin et d’une sémiologue.

Dans cette fabrique des images, il est bon de rappeler comment l’arrivée de la photographie va modifier en profondeur le rapport au monde, à l’art, à la représentation ; comment le cinéma en découle, etc. L’atelier ne fait pas table rase sur les savoirs et l’Histoire et tout le répertoire culturel qui l’accompagne.

Le musée Nicéphore Niépce, musée voué à l’invention de la photographie et aux nouvelles pratiques photographiques, est un partenaire privilégié. Avec lui, nous poserons des repères historiques sur l’image mécanique _ l’image photographique traditionnelle et ses déclinaisons numériques, technologiques _. Nous interrogerons les propositions contemporaines d’artistes photographes. Nous réfléchirons, par période, aux notions d’encadrement, d’éclairage, d’accrochage des images. Un cycle de conférences accompagnera la collaboration. Bref, nous irons puiser dans les collections muséales, traditionnelles et contemporaines.

Parallèlement, nous ferons venir et intervenir des artistes, plasticiens, photographes, vidéastes ; des graphistes ; des ingénieurs, etc. afin d’ouvrir les étudiants à un ensemble de pratiques et de regards variés autour de l’image. Image fixe, image en mouvement, image imprimée, nouvelles images…

Stratégie urbaine – recherche
22 10 2010

matériologie, 3D, stratégie urbaine

« Les rues sont nos pinceaux,
les places nos palettes ». (Maïakovski)

« La cité est un discours, et ce discours est véritablement un langage : la ville parle à ses habitants, nous parlons notre ville, la ville où nous nous trouvons, simplement en l’habitant, en la parcourant, en la regardant. Cependant le problème est de faire surgir du stade purement métaphorique une expression comme « langage de la ville ». Il est très facile métaphoriquement de parler du langage de la ville comme on parle du langage du cinéma ou du langage des fleurs. Le vrai saut scientifique sera réalisé lorsqu’on pourra parler du langage de la ville sans métaphore ». Roland Barthes, « Sémiologie et Urbanisme », in L’aventure sémiologique

La ville sera le commun dénominateur des travaux réalisés cette année au sein du champ matériologie / 3D : la ville comme lieu d’intervention, la ville comme sujet (pictural, photographique, sculptural, conceptuel, filmique, etc.) mais aussi la ville comme système de signes, la ville comme texte.

L’accent sera mis sur la notion d’espace (visuel, sculptural ou sonore) Les question relatives au module en architecture, à l’oeuvre site-specific (qu’il s’agisse de dessin ou d’installation) ou bien à la spatialisation du son dans une perspective sculpturale constitueront le coeur de la problématique de cette année. Il s’agira de réaliser des oeuvres qui interagissent (sémantiquement et structurellement) avec le contexte urbain. A cet effet, Les étudiants travailleront sur des commandes publiques simulées (1 %, mobilier urbain, design sonore, design d’espace, etc.). Il s’agira de s’adapter au texte urbain mais aussi de trouver des moyens de lui répondre.