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    XIII – Charte Nationale pour la recherche

    Une proposition de l’ANdÉA, Association nationale des écoles supérieures d’art

    Préambule

    Cette proposition pour une charte nationale de la recherche en école d’art a pour but de soutenir la recherche que les écoles supérieures d’art (ESA) ont mise en place depuis 2006 en donnant un cadre et en fixant des critères qui, comme pour le reste de l’organisation des études dans les ESA, permettent de garantir la qualité de l’activité de recherche qui y est menée. Ce document entend donc être une charte des bonnes pratiques, donnant le ton pour l’implication des ESA dans la recherche nationale et internationale, mais c’est également un document manifeste pour asseoir ce que les ESA ont fait apparaître d’inédit, de prospectif et d’émancipateur ces dernières années, alors qu’elles expérimentaient tous azimuts pour l’invention d’une recherche spécifique. C’est un document structurant, qui entend à la fois établir une synthèse de l’existant, fixer et décrire le territoire de la recherche qui a lieu aujourd’hui, mais également, poursuivant l’effort prospectif, proposer des solutions pour l’organisation concrète d’un dispositif national qui fait aujourd’hui défaut.

    Chapitre 1 La recherche dans les écoles supérieures d’art

    I-1-Dé1nition générale

    La recherche dans les écoles d’art est d’abord de la recherche, et en cela partage avec les autres champs disciplinaires la définition minimale suivante : est «recherche » l’ensemble des activités menées en vue de produire et de développer des objets et des connaissances qui, mis en partage, élargiront le champ disciplinaire en question et, partant, apporteront quelque chose à la société concernée par ce champ. Cette activité est donc définie dans les écoles par son caractère prospectif, sa tension vers l’incertitude, son ambition de conquérir des espaces inédits, et sa capacité à diffuser et mettre en partage ses résultats. Mais la recherche dans les écoles d’art a également plusieurs points de spécificité, parce que son champ de référence, l’art, est spécifique :

    • Elle n’a pas obligatoirement de pré-requis techniques et technologiques. Mais elle sait donner à voir ses méthodes, ses protocoles, ses expériences, et sait en vérifier la pertinence, les questionner et les repenser.
    • Elle reconnaît au sensible, à l’intuition, au sauvage, une immense capacité prospective – et en cela, comme toute activité créative, ne sépare jamais l’intelligible du sensible à quelque moment que ce soit de la chaîne de l’activité (du temps de production jusqu’au temps de la mise en partage de ce qui est produit.)
    • Elle puise en dehors de son champ propre une grande partie de ses ressources – et comme l’art, elle est un agencement d’éléments en provenance de la totalité des activités et des données du monde.
    • Elle assume un rapport à l’histoire peu linéaire, et bien que capitalisant les formes et les idées du passé, connaissant les autres recherches déjà menées (au moins depuis la Renaissance et le Traité de la peinture de Léonard de Vinci) pour pouvoir y ajouter de

    l’inédit, elle ne présume d’aucun progrès : comme l’art, elle aide simplement l’homme à « être au monde », dans toutes les dimensions que sous-tend cette expression.

    I-2-Articulation de la recherche et de l’enseignement

    La recherche dans les ESA est présente à tous les niveaux de l’enseignement, avec une intensité différente, comme dans le reste de l’enseignement supérieur où les enseignants sont des chercheurs transmettant dès le premier cycle des connaissances et des savoir-faire directement issus du champ de leur pratique. Comme dans le reste de l’enseignement supérieur également, les trois cycles de formation aboutissant aux trois diplômes LMD intensifient progressivement la place de la recherche dans l’enseignement : si la question de la recherche apparaît en 1er cycle, c’est en 2e cycle qu’est véritablement développée « l’initiation à la recherche », et c’est en 3e cycle que les étudiants deviennent eux-mêmes des chercheurs.

    Les écoles d’art ont coutume d’appeler le 1er cycle «phase programme » et le 2e cycle, «phase projet» : le 3e cycle se constitue donc comme une «phase recherche ». Plus spécifiquement, parce que les recherches conduites dans les ESA portent sur l’art et donc sur l’être au monde, il arrivera régulièrement que des étudiants, quel que soit leur niveau d’études, apparaissent comme des «concernés » de la recherche, voire comme des experts – et en tant que tels ils seront associés à cette recherche. Les ESA ont développé des formes émancipatrices de pédagogie qui permettent de dépasser la dialectique du maître et de l’élève. Dans l’activité de recherche, il s’agit de continuer de s’appuyer sur cette puissance effective : des artistes, des designers et des théoriciens enseignants-chercheurs, des étudiants émancipés, de la recherche qui sait associer tous les individus concernés par la construction du problème sur lequel elle porte.

    Les formats de la recherche (séminaires, workshop, résidences, expositions …), comme ceux de la pédagogie en école d’art, sont donc extrêmement variés et inventés en fonction de la nécessité des projets : là encore, ils s’appuient sur la capacité spécifique du champ de l’art à produire des formes et à relayer une histoire extrêmement riche quant à la question des médiums et des formats.

    I-3-Temporalité de la recherche

    Comme l’art, la recherche exige des durées variées. Ainsi, dans les ESA, seront différenciés : d’une part les laboratoires dédiés à un problème fondamental de l’art ou du design et qui entendent créer un lieu de capitalisation internationale des connaissances et des savoir-faire sur ce problème ; d’autre part, les projets de recherche inscrits dans une temporalité définie (de une à trois années) et qui rassemblent ponctuellement une équipe spécifique.

    Les laboratoires sont structurants, participent de l’identité des ESA et de leur visibilité internationale, et ils exigent une temporalité longue. Les projets de recherche quant à eux sont produits pour alimenter les laboratoires, mais aussi la pédagogie, l’activité d’un département spécifique d’une école, un événement important dans un territoire, etc. Entre ces deux pôles (recherche ponctuelle et laboratoire pérenne) et ces deux temporalités, les ESA règlent le curseur de leur activité, s’appuyant sur leur permanente inventivité prospective.

    I-4-Les acteurs de la recherche

    Les acteurs de la recherche dans les ESA travaillent selon une logique d’agencement qui privilégie la complémentarité et la mise en tension des différences. Aussi, toute personne engagée dans un processus de travail, reconnue par ses pair-e-s comme ayant une compétence suffisante (cf. II.3 pour la reconnaissance par les pair-e-s), pourra être participant ou porteur de la recherche.

    Pas plus que dans le reste de leur activité, les ESA ne souhaitent qu’à cet endroit soit mise en place une modélisation. Elles promeuvent un modèle ouvert, essayiste, qui permet la création d’équipes ad hoc, au niveau national et international, en fonction de ce qu’il est envisagé de construire. La structuration réglementaire de la reconnaissance par les pair-e-s tiendra compte de cette légèreté et de la fondamentale logique d’agencement qui régit le monde de l’art et du design.

    Ainsi, pourront travailler ensemble des artistes, des designers, des doctorants ou enseignants-chercheurs en sciences humaines et sociales (sociologues, philosophes, historiens, ethnologues…) ou en sciences de la nature (biologistes, botanistes, physiciens…), des ingénieurs, et puis des directeurs de centres d’art et de design ou d’institutions culturelles, des commissaires d’exposition ou conservateurs de musée, mais aussi des professionnels, artisans, écrivains, ou toute autre personnalité en France et à l’étranger, en capacité d’apporter quelque chose aux projets de recherche.

    I-5-Partenariats

    La recherche dans les ESA est définie et menée depuis les laboratoires qui y sont installés, mais régulièrement, parce que l’art est une activité qui se nourrit de tous types d’activités humaines, elle collabore avec des chercheurs d’autres disciplines, et peut générer des associations avec d’autres laboratoires et centres de recherche en France et à l’étranger. Des plateformes de travail peuvent être ainsi construites entre plusieurs laboratoires, et des espaces inédits de recherche voir le jour. Cependant, parce que la recherche vise toujours une augmentation de son champ référentiel, même en cas de recherche commune avec d’autres disciplines, la valeur de cette recherche pour l’art ne saurait être déterminée en dehors du champ de l’art : il faut comprendre que comme pour tous les autres champs disciplinaires, la présence de partenariats ne saurait garantir la valeur d’une recherche – une recherche en philosophie des sciences n’est pas d’emblée pertinente parce que la philosophie s’intéresse aux sciences. Il en va de même pour la recherche menée depuis le champ de l’art ou du design. La recherche peut dessiner de nouveaux territoires, un tiers territoire, celui du partenariat, qui tient à la fois au territoire des ESA et à celui de ses partenaires. Mais en aucun cas l’absence de partenaires ne peut disqualifier un projet de recherche.

    I-6 -Troisième cycle

    Parce qu’après la phase «d’initiation à la recherche » en Master, il est nécessaire de pouvoir poursuivre une activité à laquelle on a été initié, et donc de travailler véritablement en régime de recherche, les ESA développent des troisièmes cycles qui leur sont spécifiques. Et comme le DNAP est un diplôme spécifique au niveau de la licence, comme le DNSEP a le grade de Master tout en étant conduit depuis le champ de l’art auquel appartiennent les ESA, les troisièmes cycles s’inventent au plus près du champ référentiel qu’est le monde de l’art.

    Des post-diplômes existent dans certaines ESA, déjà reconnus par le Ministère de la Culture et de la Communication, et ils peuvent être les embrayeurs d’un troisième cycle, leur première ébauche. Ces troisièmes cycles et leurs acteurs (artistes et théoriciens étudiants-chercheurs, encadrés par des équipes référentes) participent en plein à l’activité de recherche dans les ESA. Ils alimentent les laboratoires et les projets ponctuels des lignes de recherche. Ils aident au développement d’une recherche spécifique dans les ESA par l’exemple de leur activité également spécifique – en se situant dans le prolongement de ce que les deux premiers cycles ont ouvert.

    Les 3e cycles sont construits pour et avec de jeunes artistes et de jeunes théoriciens insérés dans le champ de l’art, communauté de référence pour les ESA. Ils permettent la mise en place structurelle d’un espace de recherche régi par une temporalité et un régime spécifiques. Ce qu’ils produisent de prospectif, émancipateur et aventureux est évalué par des acteurs compétents du monde de l’art, afin de garantir la remise d’un diplôme spécifique, établi à un niveau doctorat, à la suite des DNAP et DNSEP.

    I-7-Production et évaluation de la recherche

    Pour sa mise en public et son partage, la recherche menée dans les ESA produit des formes très variées, choisies en fonction des projets. Ces formes (œuvres, expositions, films, événements publics, sites web, publications, conférences…) sont issues de l’histoire de l’art et de la création, mais aussi des autres champs de l’activité humaine – l’art sait utiliser des formats variés pour rendre compte d’un régime précis, celui de la recherche. Et si depuis le seizième siècle, le travail créatif a été accompagné d’une activité de recherche analytique sur l’art et à partir de l’art, les artistes ont toujours inventé la forme qui permet de diffuser au mieux leur travail de recherche, offrant à la société des résultats qui apparaissent comme de véritables excédences.

    Ainsi, ce que produit la recherche peut se nommer de manière générale comme suit :

    • L’identification d’un problème.
    • Le travail sur ce problème grâce à des pratiques et des outils divers.
    • La production d’une forme (de savoir et d’expérience) permise par le travail.
    • Le partage de cette forme qui est diffusée et réceptionnée par les concernés par le problème.
    • Le constat d’un résultat, d’une résolution ou d’un déplacement du problème : in fine, la présence de quelque chose de plus, en excédent, par rapport à la situation de départ. Tous les moments et toutes les dimensions de la production de la recherche peuvent être restituées, partagées et valorisées – et cela avec des formes toujours choisies ad hoc. En ce qui concerne l’évaluation, la qualité de la production de la recherche est déterminée par des pair-e-s issu-e-s de la communauté de référence, en France et à l’étranger, auxquels s’ajoutent les concerné-e-s par le problème traité. Comme dans les autres lieux de l’activité artistique, l’évaluation se fait de manière située, c’est-à-dire en évaluant les objets à partir de ce à quoi ils postulent. Ces sept points qui caractérisent la recherche dans les ESA permettent de déduire la trame d’une organisation nationale, aujourd’hui nécessaire.

    Chapitre 2 Structuration nationale de la recherche

    Pour pouvoir soutenir efficacement l’activité de recherche développée par les ESA, est proposée la mise en place des dispositifs et statuts suivants :

    II-1-Conseil National des Écoles Supérieures d’Art

    Parce que la recherche est menée depuis le champ de l’art, ce champ met en place une structure légitime et co-construite qui établit les bonnes pratiques : le Conseil National des Écoles Supérieures d’Art (CNESA) qui rassemble et représente les acteurs concernés.

    Ce Conseil permet d’organiser la conduite de la recherche en intervenant sur les points suivants :

    • Création des statuts d’étudiant-chercheur et d’enseignant-chercheur, pour les artistes, les designers, les praticiens et les théoriciens, et habilitation à diriger des programmes de recherche et des troisièmes cycles.
    • Création puis participation au fonctionnement d’un nouveau dispositif de répartition des budgets alloués à la recherche
    • Évaluation des laboratoires et des lignes de recherche
    • Coordination nationale de la recherche.

    La gouvernance et le fonctionnement du CNESA sont déterminés collégialement lors de sa création, à partir de propositions faites par la « commission recherche » de l’ANdÉA – association nationale des écoles supérieures d’art. D’ores et déjà, il découle de ce qui précède que pour pouvoir mener à bien ses missions, le CNESA se réunira plusieurs fois par an et devra être un conseil particulièrement actif. Il devra rassembler des membres (10 à 20 membres), représentants de l’AndÉA (la moitié de ces représentants devront être des artistes et des designers), du Ministère de la Culture et de la Communication, du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, du CIPAC, et un artiste étudiant-chercheur. Les membres du CNESA devront être renouvelés régulièrement, tous les trois ans.

    II-2-Statut d’étudiant-chercheur

    Les jeunes artistes mais aussi les théoriciens, les designers, curateurs et autres créateurs, lorsqu’ils s’inscrivent dans une école pour y préparer un troisième cycle, obtiennent un statut d’étudiant-chercheur. En tant qu’étudiant-chercheur, ils bénéficient du statut d’étudiant, mais aussi de toutes les ressources de l’établissement dans lequel ils s’inscrivent. Par ailleurs, parce qu’ils sont aussi des chercheurs, ils peuvent mener des missions, conduire des projets pour les établissements et leurs laboratoires, mais aussi délivrer divers enseignements. Pour chacune de ces missions, des contrats sont établis entre l’étudiant chercheur et l’ESA concernée. Ce statut est créé nationalement, à partir des recommandations du CNESA.

    II-3-Statut d’enseignant-chercheur

    Les théoriciens, les artistes et les autres créateurs qui s’engagent dans la recherche dans les ESA présentent une demande d’habilitation au CNESA, indépendamment des diplômes qu’ils peuvent posséder par ailleurs, et ils bénéficient après accord et pour la durée de cinq ans (renouvelable), du statut d’enseignant chercheur et de l’habilitation à diriger des programmes de recherche. Les modalités de l’habilitation sont établies par le CNESA et reposent sur les éléments suivants :

    • Présentation du CV et des travaux réalisés (catalogues d’exposition, publications, présence dans des collections, etc.) et évaluation de ces travaux.
    • Obtention de l’habilitation uniquement sur dossier (pas de présentation orale).
    • Habilitation donnée pour une durée limitée (cinq ans).
    • Acte de candidature motivé, explicitant le cadre et la démarche de recherche que l’artiste ou le théoricien souhaite mener une fois habilité, ainsi que l’articulation de ce travail de recherche à l’ESA dans laquelle il enseigne.
    • Pas de limite d’habilitations (il est possible de demander une nouvelle habilitation tous les 5 ans tout au long de la carrière dans les ESA), et pas de limite au nombre de personnes habilitées dans les ESA ou au niveau national. Ce statut est créé nationalement, à partir des recommandations du CNESA. Par ailleurs, la création du statut d’enseignant-chercheur se fait dans le cadre de la refonte générale du statut des enseignants des écoles d’art attendue depuis dix ans, et qui apparaît aujourd’hui indispensable pour parachever la réforme des enseignements supérieurs artistiques.

    II-4-Fonds de 1nancement pour la recherche

    Le financement de la recherche dans les ESA se fait avant tout à partir du champ de l’art et avec les partenaires nationaux et internationaux qui sont traditionnellement les siens. En effet, parce que la recherche concerne un champ constitué, le financement de cette recherche se fait d’abord avec des dispositifs établis dans ce champ. Ainsi, en France, dans le cadre de leur mission de soutien à la création, le Ministère de la Culture en premier lieu, puis les directions des affaires culturelles des collectivités territoriales, poursuivent et développent l’accompagnement de l’activité de recherche. Ils mettent en place des fonds spécifiques de financement de la recherche, et tout en communiquant clairement sur une politique de recherche ambitieuse, ils l’articulent à un soutien réaffirmé à la création, autre volet essentiel de la politique en faveur des arts visuels.

    Les moyens rassemblés sont répartis en s’appuyant sur l’expertise du CNESA.

    Ces moyens visent à soutenir :

    • Les laboratoires ainsi que les activités des enseignants et des étudiants chercheurs qui participent à leur rayonnement national et international (notamment : frais de mission, de déplacement et de diffusion des résultats, conférences et expositions…) Cela permet l’établissement de structures pérennes, véritables piliers de la recherche dans les ESA.
    • Les projets de recherche ponctuels, établis pour un temps et pour un objectif défini. Et cela permet la constitution d’équipes inédites, ou bien qu’un problème spécifique et localisé soit traité – dans tous les cas cela stimule une activité située. Dans le premier cas, le financement se fait après évaluation des laboratoires par le CNESA. Dans le second cas, des appels à projet sont proposés à rythme régulier, avec un cahier des charges défini et une transparence quant à l’attribution des ces aides. L’activité de recherche peut secondairement trouver des financements en faisant des incursions dans le champ professionnel du monde de la créativité, de l’art, du design ou de la théorie, et en se rapprochant de la R&D. De la même façon, la recherche peut trouver quelques ressources en optimisant sa logique d’agencement, en particulier en partenariat avec d’autres lieux de recherche de l’enseignement supérieur éligibles à des financements propres (appels à projet ANR, européens, bourses diverses…), et les ESA peuvent dans ces cas monnayer leur partenariat.

    Mais cela ne saurait en aucun cas constituer la ressource principale de l’activité de recherche dans les ESA. Parce que la recherche dans les ESA, tout comme la recherche en général, n’est pas immédiatement rentable mais participe à l’innovation et à la transformation de notre société, il revient aux pouvoirs publics d’affiner leurs dispositifs de financement de cette recherche spécifique.

    II-5-Évaluation de la recherche

    Le principe de l’évaluation de la recherche menée dans les ESA est le même que celui de toute l’activité de recherche : une évaluation par les pair-e-s. A cela s’ajoute, lorsque la recherche est particulièrement située et contextuelle, et donc lorsque cela fait partie des enjeux de cette recherche, une évaluation par les concerné-e-s.

    Le CNESA, Conseil National des Écoles Supérieures d’Art, organise le dispositif de l’évaluation de la recherche dans les ESA :

    • Pour les laboratoires, des missions d’évaluation sont menées sur site, pour y rencontrer les équipes et voir les travaux qui y sont conduits.
    • Pour les lignes de recherche, l’évaluation se fait sur présentation d’une documentation, en amont et en aval des projets lorsqu’ils sollicitent des financements.
    • Le CNESA peut également être sollicité pour accompagner la démarche de structuration de la recherche dans une école.

    Dans tous les cas, l’évaluation est pensée comme un accompagnement de la pratique de recherche et pour stimuler l’avancée du développement d’une recherche spécifique dans les ESA.

    Pour cela, l’évaluation :

    • explicite ses méthodes, ses attendus, ses objectifs.
    • rend systématiquement publique ses conclusions (et plus généralement rend transparent son fonctionnement, par exemple en ce qui concerne les conditions dans lesquelles a été conduite l’évaluation et par qui elle a été menée.)
    • est argumentative et relève de la force de proposition.
    • privilégie le « rapport d’évaluation» plutôt que la notation chiffrée, et choisit la critique plutôt que le palmarès.