13 05 2015
Résultat concours d’entrée 2015 – 1

Session de mai 2015

Sont retenus en première année, dema1 :

  • BEAUFOUR Fanny
  • CARRION Julie
  • CAREME Nathan
  • DECERCLE Gallane
  • DIDIER Alex
  • GUICHARD Amaury
  • GONON Axel
  • JEE Dahae
  • LYONNET Alexandrine
  • QUASEVI Morgan
  • TANG Chanwei
  • VOISIN Robin
  • ZHOU Youran

Sont retenus en année deux du cursus, dema2 :

  • ANSEL Fanny
  • BAFFIER Morgane
  • DELABRE Luna
  • VINCENT Lison
  • MONDERER Naomi
  • BAI Tian
  • KIM Jun
  • LEE Jinhee
  • NAM Ji hea

Est retenu en année trois du cursus, dema3 :

  • WANG Zicong

Tout(e)s les candidat(e)s qui se sont présenté(e)s vont recevoir un courrier de confirmation.

23 04 2015
Les distorsions du jeu vidéo

Rencontre avec Elsa Boyer
23 avril 2015 10h-12h —  Nicéphore Cité
ouvert à tous

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L’image en mouvement du jeu vidéo construit un espace, un temps et une narration qui ne sont plus ceux de l’image cinématographique. Cet espace vidéoludique est sans doute avant tout celui de l’informatique et de la microélectronique, un espace constitué de lignes, d’embranchements, de couloirs ; et sa temporalité est celle de la boucle du feedback, de l’échange d’informations entre un utilisateur et une machine. Mais si nous regardons les images du jeu vidéo, que ce soit celles des productions mainstream ou indépendantes, alors les espaces se déforment, le temps se tord et la narration change de régime.

Biographie
Elsa Boyer est l’auteure du Conflit des perceptions (MF, 2015)et de trois romans parus chez P.O.L. Elle a également dirigé le collectif Voir les jeux vidéo (Bayard, 2012) et enseigne le cinéma à l’université de Lille 3.

23 04 2015
Memory

Exposition
Du 24 avril au 26 juin  — Espace Des Arts
entrée libre

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Une exposition autour de l’idée de mémoire.

14 04 2015

Excentricités VI / La synthèse des arts

du 14 au 16 avril 2015
Centre Dramatique National,
Musée des Beaux Arts,
ISBA
Besançon

AFFICHE-EXCENTRICITÉS-VI

Rencontres internationales étudiantes de la performance

Lucie ASCIONE / ART ACTION BUILDING / Jeanne BATHILDE / Lucie BÉGUIN / Romain BONNE / Yassine BOUSSAADOUN / Lola BREARD / Collectif L3 / Maéva CROISSANT / Dale / Clément DELHOMME / Apu Dhar / Fai BAN / Maël GAGNIEUX / Eva GIANNAKOPOULOU / Romuald GUIBOUX / Marti GUILLEM / HABDAPHAÏ / Tatiana ILICHENKO / Danae NAGEL KALETTA / Mana KIKUTA / Fabio KINAS / KING’S QUEER / Deborah KLINTZ / Anastasia LAMPROU / Maria LANDGRAF / Julie LE TOQUIN / Maria LIMBOURA / Rilène MARKOPOULOU / Moritz METZNER / George MORAITIS / Persefoni MYRTSOU / Frédéric NAUZCYCIEL / Ektoras NTOURAKOS / Ilya NOE / William NURDIN / OPJ CYGAGNEK + Julie POULAIN / Claudia PASCUAL BOTELLA / Maxime REVERCHON / Félix ROBIN / RE:C / Carla ROCA / Tali SERRUYA / Aleks SLOTA/ Nefeli VOUTYRA.

Commissariats : Julien Cadoret / Laurent Devèze.
Commissariat associé : Pôle de recherche « Le Corps de l’Artiste » (Michel Collet, Valentine Verheaghe) ISBA
D.U Art Danse Performance, Aurore Després.

Dans notre monde global et souvent déshumanisé il est nécessaire de se « rencontrer » lorsqu’on est plasticien. Façon, peut-être, de résister à l’anonymat forcé de nos villes et de nos sociétés et d’exister par un tissu complexe et varié de liens entre les individus. Ce besoin semble décuplé lorsque la pratique plastique est celle de la performance. Le corps en mouvement revendique la proximité des autres corps et des regards, l’effectivité de l’action et sa capillarité au travers de ce qui est montré deviennent sens.
Excentrique car excentré dans la sphère des pratiques plastiques, « Excentricités » (Rencontres internationales étudiantes de la performance) constitue un espace-temps, depuis avril 2010, permettant à de jeunes artistes d’Europe et du monde entier de se côtoyer et de réfléchir ensemble sur ce que peut être la performance aujourd’hui.
Cette année encore, du 14 au 16 avril 2015 et pour sa sixième édition, Excentricités regroupe des artistes européens : Espagnols, Grecs, Allemands, mais aussi des artistes internationaux : Bangladeshi et Japonais.

En collaboration avec l’école des Beaux Arts EMA Fructidor de Châlon-sur-Saône, l’école supérieure des Beaux Arts de Nîmes, l’école nationale supérieure des arts visuels de la Cambre, l’école des Beaux Arts d’Athènes, l’Université de Bellas Artes de Valencia, le Centre Dramatique National de Besançon / Franche-Comté, le Crous de Besançon, la ville de Besançon, la région Franche-Comté et le Ministère de la Culture et de la Communication.

+ d’infos sur le site de isba-besancon

4 étudiants de ema fructidor :

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Lucie ASCIONE et Deborah KLINTZ

 

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Mana KIKUTA

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Clément DELHOMME

13 04 2015
Atelier Radio

Workshop avec Fanny Maugey
Du 13 au 14 avril 2015
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Sous forme de rendez-vous mensuel, nous aborderons ensemble les enjeux de la création d’une radio dans une école d’art.

Plateforme transversale pour EMA, écriture radiophonique, paysage sonore, chronique, jingle, sons, nous nous mettrons en situation d’écoute, de parler, de faire, de direct, via Radio Prévert, et d’enregistrements. Plusieurs vitesse qui permettront l’exploration de ce média et l’élaboration d’un chantier organisé commun.

Biographie

Par le croisement d’une formation en Pâtisserie-chocolaterie à Château-Chinon et des Beaux-Arts de Chalon sur Saône (DNAP) et Lyon (DNSEP), Fanny Maugey développe un travail polymorphe, le volume comme ligne conductrice, l’écriture comme zone souterraine.

Après quelques années passées à l’étranger (Berlin, NYC), des expositions ici et là (Hors piste, Biennale d’Anglet, de Lyon en résonance, 6B, Fondation Bullukian, J&C gallery, FRAC Aquitaine…) créer une émission de radio (Radio Cailloux) s’est avéré nécessaire pour compiler influences, lectures, sons, glanés dans ses différents déplacements.

En direct sur les ondes de Radio Prévert mardi 14 avril 2015 de 15h à 16h
105.9FM ou sur www.radioprevert.com

07 04 2015
Que font la danse et la performance au musée ?

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Rencontre avec Marcella Lista
7 avril 2015 10h-12h —  Nicéphore Cité
ouvert à tous

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Danse et performance s’installent aujourd’hui dans les musées dédiés aux arts visuels, parachevant, du moins en apparence, leur reconnaissance et leur intégration dans l’histoire de l’art. La cohabitation du régime performatif et du régime de l’objet, toutefois, ne va pas sans frottements, résistances, apories, voire malentendus. Ceci tout particulièrement dans le cadre de l’évolution que connaissent les politiques culturelles vers le « tout événement ».

La performance, si elle apparaît aujourd’hui comme l’un des paradigmes les plus féconds de la modernité artistique, n’en porte pas moins la tradition d’une contre-culture, voire d’une posture ouverte de critique institutionnelle. La danse, dont les avancées et les ruptures radicales sont saluées depuis quelques années en regard de l’histoire de l’art des XXe et XXIe siècles, reste travaillée par une historiographie trop récente et lacunaire pour participer aux débats esthétiques actuels à part égale avec les arts visuels. L’une et l’autre de ces pratiques ont développé des affinités électives avec le film et la vidéo, sans manquer d’exprimer une résistance structurelle – en revendiquant leur statut d’arts « vivants » et éphémères – à l’ontologie des supports enregistrés qui prennent dans les musées une place croissante. C’est un paysage complexe que forment à présent les « arts temporels » (« time-based arts ») dans l’espace d’exposition, dans l’architecture muséale et dans la collection et la conservation des œuvres d’art. Pour toutes ces raisons, les déplacements de la danse et de la performance au musée prêtent à l’investigation critique, à la mesure des attentes qu’elles suscitent.

Cette conférence propose de revenir sur quelques expériences majeures menées dans le champ de la danse et de la performance au musée depuis le début des années 2000. Sa perspective est d’interroger cette question en éclairant son degré d’élaboration conceptuelle par des artistes désireux d’un dialogue avec ce que le chorégraphe Boris Charmatz, fondateur d’un musée expérimental de la danse au conservatoire national de Bretagne, appelle « l’espace historique ».

Biographie

Marcella Lista est historienne de l’art, enseignante et responsable de la programmation en art contemporain à l’auditorium du Louvre. Ses recherches portent sur l’histoire pluridisciplinaire de la modernité, autour de questions soulevées par les croisements entre la musique et les arts visuels, la danse, la performance et les nouveaux médias, les théories élargies de l’abstraction. Elle a été commissaire de plusieurs expositions, dont « Sons & Lumières : une histoire du son dans l’art du XXe siècle » (Centre Pompidou, 2004), « Corps étrangers : danse, dessin, film » (musée du Louvre, 2006);
« Pierre Boulez. Œuvre : Fragment » (musée du Louvre, 2008) ;
« Paul Klee : Polyphonies » (musée de la Musique, Paris, 2011) ;
« Walid Raad / Préface à la première édition » (musée du Louvre, 2013) et « Mark Lewis. Invention au Louvre » (musée du Louvre, 2014). Elle est l’auteure de L’œuvre d’art totale à la naissance des avant-gardes (Paris, INHA/CTHS, 2006) et de plusieurs essais. Parmi ses dernières publications : « Xavier Le Roy : ‘a discipline of the unknown’ », Afterall (Londres, été 2013) ; « Play Dead : Dance, Museums and the ‘Time-based Arts’», Dance Research Journal, Cambridge University Press (sous presse).

30 03 2015

CHAISES + SUISHOU NO FUNE

Exposition + Concert
30 Mars — 18h — Nicéphore Cité
entrée libre

 

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Cette exposition fait suite à un sujet proposé aux étudiants de première année par les enseignants artistes Evariste Richer et Lillian Bourgeois.

À la suite de cet événement, le duo japonais Shishou No Fune, formé à Tokyo en 1999, nous emmènera dans un rêve psychédélique musical, entre la poésie, les mots et la mémoire.

Suishou No Fune

30 03 2015
Workshops x4
Du 30 mars au 3 avril 2015
4 workshops
De la poche à l’immobilier
workshop avec Ambroise Tièche

Ambroise Tièche

Principes :

Interroger l’intime le privé et le public à partir du vêtement en direction de l’habitat en passant par les usages.

Penser ces interfaces entre le corps et l’extérieur mises en œuvre autant comme des obstacles, principalement au regard, que des manières de révéler, suggérer, mettre en valeur ou a contrario camoufler.

Sont aussi en jeu les questions du déplacement, du nomadisme, de la migration et de la sédentarité.

Il s’agira d’envisager le portable directement au corps, les vêtements techniques, professionnels, les extensions du vêtement que le portatif.

Il s’agira de nourrir la réflexion tant à partir d’expériences d’artistes : Franz Erhard Walther, James Lee Byars, Tracey Emin, Bruno Serralongue, Valie Export…, que de designers : David Greene, Jennie Pineus…, d’auteurs : Robert Louis Stevenson, que de stylistes ou inventeurs : Jennifer Burdet, Léon-Paul Duhamel enpassant par l’univers militaire et des éléments extraits de la culture populaire : Petzi ou les histories de fantômes notamment.

Mises en forme :

La proposition n’est pas spécifique à un médium. Les travaux peuvent être d’ordre sculptural, vestimentaire, pictural, photographique, vidéo, performatif, écrit… Le travail en duo tout à fait envisageable.

Faire plate-forme / Impérialisme et Multitudes / Pratiques anthropologiques et artistiques post-coloniales
workshop avec Diane-Sophie Girin
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Je vous propose d’explorer ensemble quelques pistes de réflexion autour des questions post-coloniales telles qu’elles ont été abordées en littérature (Fanon, Chamoiseau), en sciences sociales (Bourdieu, Sayad) et en arts.

La thématique de la violence sera centrale et nous semble particulièrement intéressante dans le contexte actuel. Que nous abordions les épistémicides* ou la question des mouvements de libération ou en encore des tentatives de révolutions nous trouverons de nombreux éléments de compréhension dans les sciences sociales et dans certaines oeuvres d’art contemporain.

La plate-forme definie en tant que “network of relationships, an open form of organizing knowledge; a non-hierarchical model of representation; a compendium of voices, cultural, artistic and knowledge circuits”** nous semble particulièrement adaptée à cette semaine de lectures, de visionnages et de réflexions. Il  nous faudra convenir ensemble, en début de semaine, de la forme à donner à nos recherches (publication, exposition, performance, etc.).

Nous nous appuierons principalement sur deux expositions dirigées par Okwui Enwezor : la documenta 11 de 2001 et la Triennale Intense Proximité qui s’est tenue au palais de Tokyo en 2012. Enwezor est également le curateur de la prochaine biennale de Venise, intitulée All the world’s futures qui devrait poursuivre le travail de réflexion qu’il a entrepris depuis une vingtaine d’années autour des processus de “créolisation”***. Le prolongement idéal du workshop serait l’organisation d’un déplacement à Venise au printemps ou à l’été 2015.

Quelques oeuvres au programme:

Frantz Fanon, Les damnés de la terre
Göran Hugo Olsson, Concerning Violence
Nicolas Boone, Hillbrow
Frédérique Lagny, A qui appartiennent les pigeons?
Safia Benhaim, La fièvre
David Yon, La nuit et l’enfant
Djibril Diop Mambéty, Touki Bouki
Bruno Dumont, La vie de Jésus et P’tit Quinquin
Ariella Azoulay, Des photographies immontrables / Différentes façons de ne pas dire déportation
Nassima  Guessoum, 10949 femmes 

* destruction de connaissances, éliminant toute possibilité de production de nouvelles connaissances à partir de connaissances pré-existantes

** Documenta 11_platform 5, texte d’introduction d’Okwui Enwezor

*** “la créolité c’est “le monde diffracté mais recomposé”, un maelström de signifiés dans un seul signifiant: une Totalité.” Eloge de la Créolité, Chamoiseau, Confiant, Bernabé

L’esprit électrique 
workshop avec Michaël Sellam

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L’électricité ne se voit pas, elle se mesure. Quels sont les points de relation entre le médium et le média ? Quelles sont ces voix qui s’adressent à nous ? Si l’émergence de l’électricité a tout changé, la hantise de sa disparition hante notre quotidien. Les EVP (Electronic Voice Phenomena) associent l’expérience technologique et le monde spirituel. Dans le livre “Ravage”, René Barjavel imagine, en 1943, ce qu’il adviendrait d’un monde sans électricité, impossible aujourd’hui à l’ère de l’information et du monde connecté d’imaginer l’absence de la technologie. Autant de paramètres et de questions qui façonnent notre monde et formulent un équilibre étrange dans une zone où l’archéologie sonore rejoint l’aspect fantomatique des machines obsolètes.

La traduction sonore
workshop avec Sébastien Roux

Fugue 2, Josef Albers

Je propose aux étudiants de travailler sur le thème de la traduction sonore, procédé qui consiste à utiliser une pièce déjà existante (peinture, roman, film…) comme partition pour une nouvelle œuvre sonore.

Pour cet atelier, les étudiants seront invités à traduire en sons une œuvre visuelle (photo, peinture dessin …), en insistant sur le rapport formel entre original et traduction.

Afin de donner quelques pistes et en guise d’introduction,  je leur présenterai des partitions graphiques et leur réalisations sonores.

19 03 2015
Marie Roland

Portrait étudiant

marie roland emafructidor

Je suis en 2ème année à l’École Média Art. J’ai rejoint EMA juste après mon Bac à Dijon où j’avais une spécialité danse, théorie et pratique. J’avais fait un peu d’arts plastiques plus jeune mais sans spécialisation particulière. Pourtant je ne me projetais pas ailleurs que dans une École d’Art ! Je souhaitais me rapprocher de la scénographie sans pour autant partir dans un cursus trop spécialisé comme à l’ENSATT. Je voulais aussi garder une approche artistique généraliste le plus longtemps possible.

J’aime la notion de hasard heureux, quand certains projets vont plus loin que d’autres, comme le projet Picasso au cube : une équipe du musée Picasso est venue nous rendre visite et nous proposer un projet avec sept autres Écoles d’Art de Paris, Strasbourg et autres, dans diverses catégories. Après une conférence, nous avons été sollicités en groupe pour un travail. J’ai choisi une relecture de son œuvre par la danse pour détourner une réponse visuelle plutôt que de partir sur un travail graphique. Je n’allais pas me mesurer à Picasso sur son propre terrain ! Je voulais réinterpréter son travail. C’était un challenge pour moi car je devais danser devant un caméraman. Un camarade m’a aidé et j’ai ensuite fait le montage, en surmontant quelques difficultés techniques. J’ai passé beaucoup de temps sur ce projet, en allant au fond des choses. C’est très formateur d’être exigeant avec soi-même. C’était aussi intéressant de communiquer avec l’équipe du projet qui nous guidait. Ce n’est pas évident de développer une pièce avec des regards extérieurs mais au final, mon projet a été publié sur le site hébergeant le Webdocumentaire, sous une forme un peu différente de celle que j’imaginais. La méthodologie d’un projet et ses phases de validation est aussi quelque chose de très instructif. J’ai été étonnée et fière de la reconnaissance qui a suivi ce projet. Je crois qu’on lutte souvent avec la légitimité de ce qu’on fait, de son niveau alors qu’il faut se concentrer sur l’action, le message et l’expérience que l’on veut faire vivre. À EMA nous sommes cernés par les regards critiques, c’est un peu déstabilisant au départ mais cela se révèle être tellement plus formateur qu’un environnement où tout le monde s’en fout !

Je crois que je m’interdisais de me mettre en scène avant alors que maintenant je m’autorise à puiser dans mon vécu pour alimenter mon propos. Je suis sorti un peu du divertissement anonyme. Je me méfie de l’égocentrisme mais je m’intéresse au côté universel de ce qui peut nous arriver. C’est avec cet angle que j’ai voulu créer une installation après la mort de mon père par exemple. C’était violent et j’ai rassemblé beaucoup de matière rédactionnelle, des lettres de condoléances, de la correspondance, des mots d’enfants. J’en ai sélectionné 10 que j’ai classés par ordre chronologique, avant, pendant et après son départ. Comme une forme d’étude sociologique du rapport au deuil, que j’ai appelé “Puzzle”. Les mots utilisés, la distance… J’ai enregistré des camarades de l’école en train de lire ces lettres et cartes sans leur expliquer leur raison d’être, dès la première lecture. J’ai diffusé cet enregistrement dans le couloir de l’installation. Les réactions étaient très fortes, on touchait au pathos, alors que ce n’était pas mon objectif premier, qui était la confrontation entre les lettres elle-mêmes et des inconnus qui en faisaient une deuxième lecture. Les réactions étaient fortes. Moi ça m’a permis d’avancer, en modifiant mon rapport aux autres avec quelque chose qui est difficile à annoncer, mais qui revient à chaque fois que j’intègre un nouveau cercle social.

Cela a été un peu un déclic et je me suis dit que je pouvais utiliser cette matière personnelle. Comme ce que je découvre de moi dans des séances avec mon psy par exemple. J’ai découvert le travail d’Alain Baczynsky qui à l’issue de chaque séance de psychanalyse allait au photomaton le plus proche, immortalisait ce moment en l’enrichissant de quelques annotations sur le cliché. Il a publié un ouvrage ensuite. Je trouve ça génial. J’aime beaucoup Sophie Calle aussi, qui apporte une touche de féminisme et d’autodérision.

Je me prête à l’exercice de l’autoportrait aussi. J’aime beaucoup ce qu’a fait Damien Jibert avec Journal. J’aime mélanger les techniques et commencer plein de séquences, un peu de graphisme, du stop motion, des photos… J’ai du mal à valoriser mon travail, je crois que c’est ce qui me pousse à créer sans cesse. Je n’arrive pas à regarder mes travaux passés sans en voir tous les défauts.

La vidéo et le cinéma m’attirent beaucoup. Je participe un peu au collectif “Le jour du seigneur” initié par Berny, Clément, qui vise à publier une vidéo tous les dimanches. Même si c’est très contemplatif et étiqueté “École d’Art”. Je présente un court métrage à Chalon Tout Court qui vient d’être sélectionné en compétition.

Pour ce qui est du futur, j’aimerais bouger un peu de Chalon après ma 3ème année. J’effectue aussi des stages et des petits boulots, notamment dans un théâtre à Vitry-sur-Seine. Chaque immersion professionnelle est un catalyseur d’expérience, on apprend en accéléré. J’ai donc envie de multiplier les expériences même si j’ai un peu peur de l’avenir de la Culture en France, ce qui ébranle ma foi en l’humanité.

marie-roland.blogspot.fr

Vidéos :